
La ville du Grand Sudbury compte environ 30 %, qui ont déclaré avoir le français comme seule langue maternelle. Par rapport, 63 % de la population totale ont déclaré avoir l’anglais comme langue maternelle et 7 %, ont une autre langue que le français ou l’anglais comme langue maternelle.
La grande majorité de la population francophone sont les canadiens français de souche. L’histoire de la population est liée au développement des industries ferroviaire, forestière et minière. La ville voit sa naissance en 1882-1883 avec la construction du chemin de fer par la Compagnie Pacifique-Canadien qui ouvre une base d’opérations à Sudbury. Puis, il y a eu une arrivée massive de travailleurs canadiens-français, ce qui fait que le français était présent dès la formation de Sudbury. On considère alors le village de Sudbury comme temporaire et exclusivement associé à la construction du chemin de fer. Mais, en 1884, la découverte de gisements de cuivre et de nickel a changé Sudbury de temporaire à permanente. Cette activité économique explique l’augmentation de population et lui assure, à partir de la fin du 19ème siècle, une certaine stabilité. En 1890, Sudbury acquiert le titre de ville et la municipalité se dote de services publics.
Dans les quelque 15 à 20 dernières années, nous avons de plus en plus une nouvelle vague de francophones dans le Nord. Cette nouvelle vague est composée de personnes venant majoritairement de l’Afrique, des pays comme le Congo Démocratique, le Rwanda, le Burundi, le Tchad pour n’en nommer que quelques uns. Ces personnes se classent en trois différents genres d’immigration : les étudiants et étudiantes, les nouvelles familles et les personnes qui rejoignent leurs familles.
La plus grande partie des immigrants sont les étudiants. Ceux-ci viennent à Sudbury pour suivre un programme d'études postsecondaires dans une institution collégiale ou universitaire. Dans certains cas, il s'agit aussi d'étudiants boursiers qui détiennent de l'aide financière dans le cadre de programmes gouvernementaux ou privés.
Les nouvelles familles représentent un autre type d'immigration que l'on retrouve à Sudbury. Plusieurs familles viennent s'installer chaque année à Sudbury dans le cadre de mutation d'emploi ou nouvel emploi pour les grands employeurs de Sudbury (Inco, Falconbridge, Le Collège Boréal, l'Université Laurentienne, le gouvernement provincial, le gouvernement fédéral, les hôpitaux, les pratiques privées, les institutions secondaires et primaires, les industries de service, de distribution de biens etc.).
Le dernier type d'immigration que l'on retrouve à Sudbury est composé des parents de ceux qui sont déjà installés. Les familles qui reunissent ont des besoins bien particuliers. En effet, la motivation la plus importante est le rapprochement des familles. Souvent, des parents, des frères et sœurs, des oncles etc. ont vu une première vague partir à Sudbury et s'y plaire, alors la famille décide de se regrouper. Le contexte des nouveaux arrivants est parfois différent de la première vague d'immigration et des problématiques liées à l'âge ou à la santé, à la langue, peuvent se faire ressentir.
'Il est important que les immigrants francophones puissent recevoir des services d'aiguillage et des services dans la langue française dans tous les domaines qui composent leurs besoins de base.
Ces besoins sont : la santé, les services sociaux et communautaires, l’éducation la spiritualité, les services financiers, la politique et l’emploi. Un organisme à but non lucratif Contact interculturel francophone de Sudbury offre un service d'aiguillage de la communauté immigrante francophone vers l'ensemble des services dont elle a besoin. Il possède une multitude de services et de produits offert en français à Sudbury, le Carrefour Francophone, l’Association culturelle francophone de l’Ontario du Grand Sudbury, le Théâtre du Nouvel Ontario, le Journal Le Voyageur, le Centre Alpha Culturel, le Centre Victoria pour Femme, le Centre Santé communautaire de Sudbury, le Collège Boréal, le Centre Franco Ontarien de Folklore, l’Association culturelle des Professionnels de Sudbury entre autres.
La santé de l’économie de la région est très liée au secteur minier. Le secteur minier se porte très bien puisque des rendements exceptionnels sont rapportés en 2006, 2007 et des productions de minerais importantes sont demandées en raison de la croissance du marché chinois et de la demande asiatique en général. Inco et Falconbridge, les deux plus grandes compagnies minières du pays, sont à la recherche de nouveaux sites d'exploration. Ces compagnies indiquent avoir des besoins en main d'œuvre qualifiée qui ne sont pas comblés, sans compter la grande partie de leurs employés qui vont prendre la retraite.
Il y a aussi une forte mutation technologique qui a entraîné des pertes d’emplois depuis 10 ans. Une grande partie des emplois perdus à cause des mutations sont regagnés en partie à travers les innovations technologiques de ce même secteur mais l'écart indique que l'utilisation des technologies dans ce secteur a tout de même réduit les besoins en main d'œuvre. Le secteur minier reste l'un des moteurs principaux de l'économie sudburoise et permet à une pléthore de compagnies fournisseurs de services ou clients du secteur minier de vivre et prospérer.
En plus d'une économie minière très forte, l'économie locale se distingue par l'ouverture de nouveaux secteurs comme les services de santé (dont un centre de recherche sur le cancer et une école de médecine), les hôpitaux et la construction d'un grand hôpital régional pour desservir tout le nord de l'Ontario, par un secteur de services florissants dans l'alimentation, la restauration, les biens de consommation, l'énergie, les services financiers, les biens mobiliers, par des services éducatifs qui évitent une hémorragie des jeunes vers le sud de l'Ontario, une administration publique forte d'un centre de données fiscal qui regroupe plusieurs services auparavant répartis dans les régions, plusieurs organismes publics et parapublics, l'existence d'un réseau important d'organismes à but non lucratif, de petites et moyennes entreprises dans tous les secteurs industriels, des entreprises de construction nombreuses et florissantes, par des activités récréatives de plus en plus importantes et par un parc immobilier en pleine croissance. Tous les biens et services sont disponibles dans la ville de Sudbury, ce qui en fait un environnement très attrayant pour les familles et les individus qui désirent s'y établir.
Certes, la population immigrante fait face à des défis importants puisque le taux de chômage des immigrants est généralement plus élevé que celui de la population locale. Mais grâce au programme d'emploi garanti du Collège Boréal par exemple, le même taux de placement est observé entre les immigrants et les étudiants canadiens de souche (90%). Aussi, l'existence à Sudbury de beaucoup d'emplois dans le secteur de la vente au détail permet à beaucoup d'immigrants d'intégrer rapidement le marché du travail. Il est difficile de dire lequel de ces secteurs embauche le plus d’immigrants, mais il y a des personnes immigrantes dans presque tous les paliers. Le plus important est de voir l’ensemble de l’état économique de la région du Grand Sudbury.
En tant que francophone de Sudbury, vous pouvez compter sur les services du Centre de santé communautaire de Sudbury. Situé en plein centre-ville, le Centre fait partie de la communauté depuis 1989. Il assure des services sociaux, communautaires et de santé en français. Il fait une large place à la promotion de la santé et à la prévention de la maladie. Le CSCS a deux succursales, à Hanmer et Chelmsford. Il fait le traitement sur place avec des médecins francophones qualifiés, mais ils font aussi l’aiguillage des services qu’ils n’offrent pas comme les soins de santé mentale. L’Hôpital régional de Sudbury offre des services en français, ainsi que le Centre de santé mentale du nord-est.
Il y a aussi le Service de santé publique de Sudbury et du district, une organisation bilingue locale qui fait la promotion de la santé. Ces différents établissements sont aujourd’hui regroupés sous l’égide du nouveau Réseau des services de santé en français du Moyen-Nord de l’Ontario. Nous avons aussi plusieurs autres services de santé, comme du dépistage de cancer de seins, l’École de médecine (qui fait beaucoup de recherche et de formation), entre autres.
Initiation aux services de santé : la personne immigrante doit être initiée aux soins de santé ontariens et au manieres d'y accéder. Les soins médicaux dans la région de Sudbury comme partout dans la province de l’Ontario sont de qualité supérieure et ils sont livrés sur présentation d’une carte d’assurance maladie. Dépendamment, du temps de séjour de la personne au Canada, il faut avertir la personne immigrante que cette carte d’assurance maladie vous permet de faire face aux coûts particulièrement élevés des traitements médicaux. La personne doit aussi dès son arrivée, remplir un formulaire de demande et cela d’autant plus que le délai d’attente pour recevoir une carte peut aller jusqu’à trois mois.
Identification des personnes traductrices : Nous avons des personnes immigrantes ou réfugiées qui ne s’expriment pas convenablement en français ni en anglais. Un parrainage avec une autre personne qui partage la langue maternelle de la personne et qui pourra lui traduire le français est nécessaire.
Il y a à Sudbury plusieurs grandes institutions postsecondaires : le Collège Boréal, l’Université Laurentienne, l'Université de Sudbury, l'Université Huntington, le Collège Cambrian et le Collège CDI. Ces institutions font beaucoup de promotion pour leurs programmes et attirent une grande population étudiante dans la région du Grand Sudbury, en particulier le Collège Boréal qui attire la plus grande majorité d'étudiants francophones et d'immigrants francophones dans le nord de l'Ontario (une centaine ou plus par année).
Cependant, la population francophone du Grand Sudbury est relativement sous-scolarisée. En effet, près de 15 % de cette dernière détient un niveau de scolarité inférieur à la 9e année (d’après les données de Statistiques Canada), ce qui est élevé par rapport à la population totale du Canada. Les immigrants, eux ont une éducation poussée, la grande majorité venant dans la région pour poursuivre leur éducation postsecondaire.
La personne immigrante possède souvent de nombreuses années d'expérience, mais ceci ne lui donne pas le droit d'exercer son métier ou sa profession au Canada. La plupart du temps, les années d’expérience en dehors du Canada ne sont pas reconnues. Donc, une sensibilisation de la communauté pour reconnaître les acquis des immigrants doit être mise en place, et elle devra se faire en collaboration avec l’Université et les Collèges en développant des cours de mise à niveau.
L’autre défi est que l'ensiegnement de l’anglais comme langue seconde n’est adapté aux réalités des demandes des personnes immigrantes. Il faudra, avec l’aide de la ville et des institutions locales, mettre en place un enseignement de l’anglais adapté , pour donner à la personne immigrante l’opportunité d’avoir accès plus rapidement au marché du travail de Sudbury, qui est dominé par la langue anglaise.
Nous avons à Sudbury un quartier francophone, qui commença en 1883, avec la construction de la paroisse Sainte-Anne-des-Pins fondée par le père Jean-Baptiste Nolin. Les Canadiens français se concentrent dans cette paroisse située au nord de la ville. Nous avons des visionnaires français canadiens qui commencent des entreprises près de l’église, qui est le lieu le plus fréquenté par les francophones.
La paroisse Sainte-Anne-des-Pins est la première paroisse complètement francophone de la région. La municipalité décide de construire un hôpital et une école et tous ceux-ci donnent les balises nécessaires pour commencer le premier quartier francophone de la région. Le quartier francophone du Moulin-à-fleur se forme dans la partie nord-est de la ville de Sudbury. De nombreux Canadiens français s’y localisent, et maintenant ce quartier est la partie de la ville la plus française. Nous pouvons retrouver dans ce quartier, le journal Le Voyageur, le Carrefour francophone, le Théâtre du Nouvel Ontario, le Collège Boréal, la Pharmacie Bradley et beaucoup d’autres commerces francophones.
Les nouveaux arrivants francophones à Sudbury, aussi bien que dans le reste du Canada, éprouvent parfois un choc culturel bouleversant, parfois même traumatisant à leur arrivée en territoire canadien car ils ne sont pas nécessairement préparés au climat, à la culture, à la façon de faire, aux procédures, aux méthodes, aux services, et aux exigences du système. Il faut donc qu'ils s'informent sur les services disponibles en français pour s'adapter au pays d'accueil, trouver du travail, éduquer leurs enfants et s'installer à Sudbury.