
Selon les dernières données de Statistiques Canada (2001), la région de London-Sarnia comprend près de 12 000 francophones. Depuis lors, le nombre d’immigrants francophones dans la région de London-Sarnia n’a cessé d’augmenter. Le dernier recensement de Statistiques Canada (2006) nous donnera sûrement un nombre reflétant la réalité du moment.
Vivant dans un milieu où ils sont en situation minoritaire, les francophones sont en droit de s’interroger sur l’existence des services dans leur langue. Nombreux sont ceux qui sont étonnés de constater que, bien que le Canada soit un pays bilingue (Français - Anglais), le français n’est pas parlé partout : « mais oui, Madame, Monsieur, vous êtes dans la partie du pays où la population est majoritairement anglophone ».
La région de London-Sarnia ne fait pas exception à ce constat. Cependant, après des années de lutte et de revendication des services en français, les écoles francophones et les organismes ont vu le jour. Forts de l’existence de la loi sur les services en français, les francophones ont réussi à obtenir des services dans leur langue et continuent à marquer des points pour assurer et confirmer leur identité.
Dans les lignes qui suivent, nous allons vous présenter l’éventail des services en français existant dans la région de London-Sarnia. Plusieurs ressources existent et des renseignements pertinents peuvent y être trouvés. Citons le site Internet de l’ACFO de London – Sarnia où, sous la rubrique Bottin des ressources, les services en français sont détaillés. Le site Internet du Collège Boréal contient beaucoup de renseignements fructueux pour les nouveaux arrivants. Les sites Internet de différentes écoles (voir le Bottin des ressources ci haut) fournissent aussi des informations utiles pour l’éducation des enfants et adultes.
Les francophones de la région de London-Sarnia sont d’origines diverses : ils viennent du Québec, de l’Ontario francophone, d’Afrique, d’Europe et de l’Amérique latine. Parmi les nouveaux arrivants, on compte les résidents permanents, les réfugiés, les personnes avec permis de travail et les entrepreneurs. En général, le niveau d’éducation des immigrants francophones de la région de London-Sarnia est très élevé. Comme on peut le deviner, ils rencontrent, malgré tout, plusieurs défis ayant trait aux services en établissement, à l’emploi, aux soins de santé, à l’éducation, à la culture et à l’intégration. Chacun de ces secteurs présente, à la fois, son degré de difficulté et son niveau de réalisation. Nous les passerons en revue pour mieux saisir leur apport dans la société francophone et fournir un aperçu de leur évolution au fil des années.
Pendant plusieurs années, les francophones de London et environs n’ont pas bénéficié des services en établissement entièrement en français. Plusieurs agences anglophones ont assisté des immigrants francophones dans leurs besoins d’établissement. L’assistance en traduction leur était ainsi offerte pour les aider dans leurs démarches. Le grand défi, cependant, restait celui de pouvoir obtenir des services en français. Mais depuis ce 15 janvier 2007, l’ACFO de London-Sarnia vient de bénéficier d’un financement de Citoyenneté et Immigration Canada pour offrir des services en établissement aux immigrants francophones arrivant à London et environs. De ce fait, l’ACFO de London-Sarnia élargit l’éventail des services offerts aux francophones de la région au point de se transformer en un véritable guichet unique où tous les services nécessaires aux francophones sont regroupés sous le même toit.
Ce nouveau programme redonnera confiance aux francophones arrivant à London et assurera un grand taux de rétention de nouveaux arrivants dans la région.
Pour les francophones arrivant à London, le problème de l’emploi se pose à plusieurs niveaux. Comme tous les francophones de la province, en situation minoritaire, il y a d’abord la barrière linguistique. Les autres barrières sont le manque d’expérience canadienne, tant revendiquée par les employeurs, le manque d’entreprises entièrement francophones (difficiles à figurer en dehors du Québec) et la culture sociale qui régente le comportement dans le milieu de travail.
Ces différentes barrières, non propres à la ville de London mais répandues partout au Canada pour les francophones en dehors de Québec, sont réelles mais ne devraient pas constituer un frein en elles-mêmes pour l’intégration des nouveaux arrivants. Des solutions y sont apportées par l’existence des organismes et agences francophones installés dans la région. En matière d’emploi, l’ACFO de London-Sarnia gère deux programmes, regroupés sous l’appellation Emploi - Ontario. L’ACFO offre, donc, le counselling en emploi, les ateliers divers reliés à l’emploi et des contacts avec des employeurs. L’orientation vers des cours d’anglais est aussi assurée et la présence du Collège Boréal (institution d’enseignement post-secondaire francophone) renforce l’encadrement nécessaire aux nouveaux arrivants francophones de la région pour briser certaines barrières dont les barrières linguistiques.
Nous avons dans la région quelques médecins francophones qui n’arrivent pas à satisfaire les besoins de tous les francophones. Il est très difficile d’avoir des services de santé en français à London. La loi sur les services en français prévoit la possibilité de bénéficier des services d’un interprète. Mais en réalité, ceci n’est pas évident. Les médecins de famille sont difficiles à trouver en général et encore moins en français. Cette situation explique, à suffisance, toute la lutte que mènent les francophones établis pour qu’il y ait une évolution positive dans l'offre de soins de santé en français. Un espoir renaît avec l’implantation des Réseaux locaux d’intégration de services de santé (RLISS) qui, nous l’espérons, tiendront de plus en plus compte des revendications des francophones.
La région de London-Sarnia dispose d'institutions d’enseignement en français depuis la maternelle jusqu’au niveau postsecondaire. Il y a lieu de signaler la présence des écoles d’immersion françaises. Toutes ces écoles sont listées dans le Bottin des ressources de l’ACFO de London-Sarnia. Plusieurs programmes sont aussi offerts pour apprendre l’anglais. On constate une volonté réelle des francophones d'apprendre une deuxième langue et ils s’en sortent bien et même très bien. Les enfants ont des facilités à se trouver une place dans une des écoles francophones de la place. Les personnes présentant des déficiences ou un niveau d’éducation peu élevé pourront bénéficier du nouveau programme de mise à niveau opéré en partenariat entre le Collège Boréal et l’ACFO de London-Sarnia. Plusieurs autres programmes de métiers sont disponibles au Collège Boréal. Nous signalons aussi la possibilité de suivre des cours en français au Département de Français de l’Université du Western Ontario (The University of Western Ontario) et à l'Huron College à London.
Sur le plan culturel, les francophones de London se sont organisés en associations culturelles. Un grand lieu de rencontre est le Centre Desloges où se côtoient écoles secondaires, centre communautaire, église et agence de recherche en emploi. À cette adresse il y a les Écoles secondaires Mgr Bruyère et Gabriel Dumont, le Centre communautaire régional de London, la Paroisse Ste Marguerite d’Youville et l’ACFO de London-Sarnia. Dans la ville de Sarnia, on retrouve le Centre communautaire Jolliet et les écoles francophones de la maternelle au secondaire. Plusieurs événements culturels sont célébrés par les différentes associations culturelles et en communauté, nous pouvons citer les Rendez-vous de la Francophonie et la St Jean-Baptiste.
En matière de communication, il y a lieu de signaler la présence du journal L’Action publié hebdomadairement et Le Lien, un bulletin communautaire, publié mensuellement par l’ACFO de London-Sarnia. D’autres publications en français venant d’autres coins de la province ou du pays viennent enrichir celles produites localement.
Dans une région où les francophones sont en situation minoritaire, leur intégration passe par la co-existence avec les autres communautés. Néanmoins, les francophones ont la possibilité de trouver quelques restaurants où le personnel parle français. Il faudra comprendre que les hommes ou les femmes d’affaires ont tout intérêt à élargir et / ou à diversifier leur gamme de services pour atteindre un plus grand nombre de clients. Il est hors de question pour eux de ne limiter leurs services qu’aux seuls francophones pour des raisons évidentes d’affaires.
Pour les nouveaux arrivants francophones, la situation linguistique paraît difficile au début, mais au fil des années, avec des programmes d’apprentissage d’anglais langue seconde, ils deviennent bilingues. Le bilinguisme est un grand atout pour les francophones qui s’y sont donnés et à qui la connaissance de la deuxième ouvre d’énormes portes tant au niveau de l’emploi qu’a celui de l'intégration socioculturelle.
En guise de conclusion, signalons que les francophones qui ont choisi de s’établir dans la région de London rencontrent les mêmes défis que ceux qui se sont établis ailleurs dans la province à la seule différence que London est une ville assez conservatrice qui, tout de même, offre beaucoup d’opportunités d’intégration. En effet, par la grandeur relativement limitée de la ville, les contacts inter personnes sont aisés et les informations sont faciles à obtenir ce qui peut, aussi incroyable que cela puisse paraître, accélérer le processus d’intégration.
Les nouveaux arrivants francophones sont les bienvenus car nous obtenons de plus en plus de services pour les francophones et nos concitoyens anglophones se rendent compte de l’existence de la communauté francophone.
Dans toute nouvelle société, la réussite de quelqu’un dépend premièrement de sa volonté d’affronter les difficultés éventuelles et deuxièmement de son attitude envers les autres.